CMI - CENTRE DE MARSEILLE POUR L'INTEGRATION EN MEDITERRANEE

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CMI Letter #2, Juillet 2010


"Il faut déclencher le réflexe méditerranéen !"


Philippe de Fontaine Vive, co-président du comité stratégique du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée (CMI), revient sur la nécessité de rapprocher les études des expériences de terrain et de déclencher un véritable « réflexe méditerranéen » dans l’élaboration des politiques publiques.

Quel bilan tirez-vous, un an après l’annonce de la création du Centre de Marseille pour l’intégration en Méditerranée ?

Philippe de Fontaine Vive : Le Centre a pris un excellent départ et tout est désormais en place pour travailler dans les meilleures conditions. Les pays partenaires du Centre s’impliquent déjà fortement L’activité se développe notamment à travers des réunions et séminaires tenus à Marseille et dans le reste du bassin méditerranéen, en partenariat avec les décideurs et membres des sociétés civiles de Méditerranée. Mais l’essentiel reste à faire, c'est-à-dire justement faire adhérer les sociétés civiles, les opinions publiques au projet du Centre, celui de faciliter l’intégration réciproque des pays méditerranéens, dans un contexte difficile sur un plan tant économique que politique.

Quelles sont les principales difficultés ?

Philippe de Fontaine Vive : La première difficulté, qui est notre ambition fondatrice, est de déclencher le « réflexe méditerranéen » ! Il faut rechercher cela systématiquement dès que l’on appréhende une politique publique. Désormais, en Europe, quel que soit le sujet concerné, le réflexe européen agit : en d’autres termes on se demande aussitôt ce qui se passe ailleurs et si l’Europe nous autorise telle ou telle politique. Dans le cas présent, notre objectif doit être de susciter ce réflexe méditerranéen en se demandant à chaque fois si ce que l’on va décider facilite l’intégration ou, au contraire, suscite la divergence. Cela passe par les politiques qui décident en fonction des avis d’experts et de l’acceptabilité des opinions publiques. Les experts, quant à eux, doivent absolument s’inspirer de l’existant au lieu de projeter des modèles exclusivement théoriques sur des situations concrètes.

Comment faire pour que ces experts soient plus prêts du terrain ?

Philippe de Fontaine Vive : C’est le rôle du Comité stratégique d’incarner cette âme, ce réflexe méditerranéen. Nous devons établir le plus de ponts possibles avec la société civile. J’ai proposé aux employés du Centre d’organiser des rencontres méditerranéennes et j’espère que la première aura bien lieu dès cette année. Par ailleurs, lors de notre dernière réunion le 18 juin, Jean-Louis Reiffers (président du Femise) nous a proposé d’héberger au moins provisoirement un Observatoire économique méditerranéen. Le Centre et cet Observatoire fédèreraient ainsi tous les réseaux d’inspiration méditerranéenne pour que la Villa Valmer devienne le lieu de référence pour la réflexion économique et intellectuelle sur la Méditerranée.

L’intégration en Méditerranée n’est-elle pas un objectif trop ambitieux ?

Philippe de Fontaine Vive : On peut dire que c’est une quête, tout comme pour l’Europe où l’intégration n’a pas encore fini d’être réalisée. Il y a certes un réflexe européen, des règles communes et acceptées de tous, mais l’intégration entre peuples demeure encore un enjeu fondamental.